Crise alimentaire mondiale

Lokale Ekulan (dans le centre) suivi par sa fille Atabo Ekulan prennent quelques chèvres. Crédit: Jane Beesley/Oxfam
Ce sont les populations les plus pauvres au monde qui en souffrent le plus

Nous ressentons tous un certain malaise face à la hausse record des prix des denrées de base telles que le riz, le maïs et le blé. Mais ce sont les populations les plus pauvres au monde qui en souffrent le plus.

Quel est le problème ?

Plusieurs scènes de pillages de denrées alimentaires ont déjà été signalées dans des pays aussi distants l’un de l’autre que le Mexique et l’Egypte. A ce rythme, ce sont 600 millions qui souffriront de la faim d’ici 2020, soit deux fois la population des Etats-Unis et dix fois celle du Royaume-Uni.

Les prix élevés du pétrole, les besoins croissants de la Chine et de l’Inde, la croissance démographique, la sécheresse et l’arrivée des biocarburants ne constituent que quelques-unes des raisons de la hausse des prix de l’alimentaire.

D’autres facteurs jouent également un rôle important dans cette hausse, comme par exemple le manque d’investissements dans l’agriculture, le monopole des grandes entreprises et la mauvaise gestion de la politique agricole et de la politique alimentaire.

Comment agir ?

Les prix de l’alimentaire constituent une grande menace. Ils sont également l’argument idéal des gouvernements pour agir sans attendre.

Les pays riches doivent dès à présent :

  • Donner plus d’argent aux pays pauvres pour leur permettre de limiter les répercussions immédiates de la hausse des prix de l’alimentaire.
  • Revoir leurs objectifs de production de biocarburants qui entrent souvent en concurrence directe avec la production alimentaire et agricole.
  • Réformer la politique d’aide alimentaire. L’apport aux gouvernements et organisations humanitaires d’une aide sous forme numéraire leur permettant d’acheter ce dont ils ont besoin sur place est en général plus efficace et meilleure pour l’agriculture locale que l’apport d’une aide alimentaire « en nature ».

Les gouvernements des pays pauvres ont également un rôle à jouer. Ils doivent investir dans l’agriculture et les infrastructures pour permettre aux petits fermiers d’être mieux positionnés pour tirer avantage de la hausse des prix. La plus grande prudence doit également être de rigueur lorsqu’ils se trouvent confrontés à la signature d’accords économiques déloyaux.